mardi 16 décembre 2014

Philovino

Le vin est une expérience qui se ressent, qui se vit et nuls besoins de réfléchir pour en apprécier toute la subtilité. Oublier tout ce que l’on connaît du vin et réapprendre à le recevoir pleinement, voici ce que propose Bruno Quenioux dans sa cave PhiloVino, ouverte depuis bientôt deux ans.


 


Intérieur de la cave Philovino Intérieur de la cave Philovino


Je suis pour l’ivresse spirituel.


 


Bruno Quenioux a une approche au vin qui lui est propre. Spirituelle, mythologique mais aussi authentique, du terroir. On pourrait donc croiser sa propre évolution et sa quête de sens à celle de sa construction dans son approche des vins. Originaire de la Vallée de la Loire, il a grandit dans une famille de viticulteurs et participait donc aux récoltes et à l'exploitation du terrain.


 


Mes parents considéraient que la vigne était le savoir suprême du monde agricole, que c’était un produit noble.


 


Le quatrième d’une fratrie de six enfants, deux choses vont avoir une influence sur son goût des vins : la cuisine simple de sa mère et le vin entier, authentique, où l’on ressent l’âme du vigneron, de son père. Pourtant, à l’époque, il se destinait plutôt vers ses passions : le sport automobile et les arts martiaux. Mais c’est un vin de Bourgogne qui a marqué son palais et a scellé définitivement sa voie : un Corton 1976 de Christian Maillard. Henri Liard, un caviste de Lorient, lui transmis sa passion et le décida à se lancer dans cette vocation. À 21 ans, sans connaissances académiques poussées il tient une cave dans le Val d’Oise et se forme sur le tas, en goûtant.


 


Bruno QueniouxPhilovino Bruno Quenioux


Dès le début, je ne voulais pas vivre le vin au travers un langage stéréotypé.


 


Un de ses frères a repris le domaine familial et un autre a ouvert sa cave à Boulogne. Il rejoint pour trois ans ce dernier pour ensuite travailler quelque temps chez Francine Legrand. Bruno a mûrit et a fais son choix quant à la direction qu’il souhaiterait prendre pour la suite.


 


J’ai découvert les vrais amateurs de vins de terroirs ainsi que les « Buveur d’étiquettes », les chasseurs de scoop.


 


Ses racines ont resurgit. Proche de la terre, le partage et le vrai ressenti d’un vin sont les choses qui lui sont chères. Pendant dix-huit ans, il se fait un nom dans le milieu et dirige l’espace des vins des Galeries Lafayette, en prenant à contre-pied les cavistes et les tendances du lieu.


 


J’ai refusé cette image de paillettes et j’ai porté ma sélection uniquement sur des vignerons de terroirs, pas connus et dans toutes les régions de France.


 


Bruno Quenioux Philovino Bruno Quenioux, illustration de la BD "Un grand Bourgogne oublié"


Il arrive un moment dans la vie d’un homme où celui-ci se remet en question et décide de tout recommencer à zéro. À 46 ans, il quitte les Galeries pour devenir consultant, avec une idée en tête : ouvrir sa propre cave et défendre les valeurs qui l’ont accompagnées toute sa carrière.


 


Une quête de simplicité pour les vignerons et nous même, en tant que client et être le plus juste possible dans notre perception du vin.


 


D’où le nom de PhiloVino qui définit très bien sa façon d’aborder le vin, en mettant en avant le côté spirituel du vin, le ressenti du corps et non de la tête.


 


Le vin n’est pas fait pour déguster : on apprend à recevoir et à percevoir le vin dans toute sa profondeur.


 


 


La table des dégustations Philovino La table des dégustations


Ressentir le cœur du vin et non ses premiers arômes s’apprivoise et c’est ce que s’attache à transmettre Bruno dans ses ateliers. Il propose trois cent références dont en majorité des vins de Bourgogne, de la Loire et du Rhône. Mais Bruno, en fin amateur ne s’arrête pas là dans sa recherche de pureté des vins, accompagnant les vignerons dans leur travail pour magnifier leur cru.


 


Je ne suis pas un chasseur de scoop, on est dans le long terme et on essaye d’aider le vigneron à révéler son œuvre.


 


Voici une sélection de quelques vins que l’on trouve à la cave, avec une spécialité pour les vins grecs et de Bourgogne :


 


Vins blancs :


-Les Perrières : « Un vin avec une minéralité très intense et un goût aromatique profond. Idéal pour accompagner un Bar grillé. »


Les Perrières Philovino Les Perrières


 


-Assyrtiko de Mylos, un vin grec de Santorin fait à partir de vignes vieilles de plus de cent ans: le cépage assyrtiko (peut-être le plus vieux cépage du monde).  Le producteur cultive en corbeille, de la même façon dont cela se faisait dans l’antiquité. «Une minéralité incroyable avec une première impression de fraîcheur en bouche, après un feu qui va faire durer les saveurs. Parfait pour accompagner des anchois marinés. "


Assyrtiko de Mylos Philovino Assyrtiko de Mylos


Vins rouges :


-Sous le Mont, un Bourgogne Hautes-Côtes de Nuits de 2012, produit par Emmanuel Giboulot, un vigneron qui fait du Bio depuis 1980. « Le cépage poussant sur un sol de roche et de calcaire, le rouge acquiert la pureté d’un vin blanc, avec une grande intensité et un cristallin très puissant. Idéal pour accompagner une volaille rôtie. »


Sous le Mont Philovino Sous le Mont


 


-Le Chinon Clos de la Roche, de Wilfrid Rousse. « On est dans l’exacerbation total avec des arômes de truffes. Il a une dimension vertigineuse du terroir avec une fraîcheur particulière. Parfait pour aller avec un magret de canard. »


Chinon Philovino Chinon


Vin rosé


-Corail, un Côtes de Provence fait au Château de Roquefort, au dessus des calanques de Cassis, par Raymond Villeneuve, un vigneron dans la biodynamie depuis 1995. « On sent tout le goût du fruit fin dans toute la gestation lente du raisin, qui s’allie à la finesse et à la fraîcheur d’un rosé. Idéal pour accompagner un poulet aux olives.»


Corail Philovino Corail


 


Champagne :


-Dosnon : un champagne brut issu d’une récolte blanche. « On a un mélange de rusticité et de raffinement grâce au terroir hors norme de roche de calcaire. Les bulles apportent un petit goût de Bourgogne (10km de la côte) qui se conjugue à merveille avec le goût du champagne. C’est un vin très minéral. Parfait pour accompagner des gambas grillées.


Dosnon Philovino Dosnon


Le mot connaisseur en vin n’existe pas.


 


En ce sens, Bruno se laisse toujours autant séduire par un nouveau vin que par un ancien qu’il connaît. Car aller au fond des choses et redécouvrir sans cesse le goût des différents crus le passionne. Chercheur dans l’âme, il pousse l’expérimentation et l’innovation à son paroxysme en créant un verre Château Bacarat, créé sous une forme qui laisse vivre le vin et en laisse ressortir toutes les subtilités. Une expérience à tenter au moins une fois.


 


Vin Bacarat Philovino Verre à vin Bacarat


Une passion qui ne connaît pas de frontières, comme avec cette BD « Un grand Bourgogne oublié » où il incarne son personnage. Une enquête pleine de rebondissements pour trouver la parcelle de vigne qui à donner la bouteille d’un grand Pinot Noir de Bourgogne. Une histoire symbolique qui retrace une rencontre humaine et gustative entre Bruno et la famille de vignerons Guillot.


Bruno Quenioux Philovino Bruno Quenioux


Bruno Quenioux est un inconditionnel du respect des traditions, du produit et de son savoir-faire. La patience, le ressenti et un environnement accueillant sont les clés de l’ivresse spirituel, l'objectif final pour apprécier toutes les subtilités qu'offre un vin.


Le vin c’est comme un grand chocolat, il faut attendre, le laisser fondre dans la bouche pour après ressentir les choses.


 


Tout est dit.


 


Marion Gordien



Philovino

lundi 15 décembre 2014

Mani

Le doux écho de la Corse n’est pas toute proche de la capitale et pourtant, avec l’ouverture de la boulangerie Mani en mai 2014, il semble qu’un bout de l’Ile de Beauté se soit implanté à Paris. L’âme du lieu, c’est Romuald Royer, chef du restaurant étoilé le Lido (Propriano). Très attaché à ses racines, il partage son savoir-faire culinaire et son amour des matières, en faisant une cuisine de produits. Ici, tout est fait maison; des pains à la pâtisserie, au coin chaud des burgers et autres petits plats. Le concept ? Le finger food : pouvoir manger vite et bien, et rendre accessible à tous une qualité de produits digne d’un restaurant étoilé. Et « Mani », « main » en Corse, le symbolise parfaitement.


 


Intérieur de la Boulangerie Mani Intérieur de la Boulangerie Mani


Je défends la valorisation du savoir-faire et l’idée que manger ne coûte pas plus cher. C’est pourquoi je fais une cuisine simple et abordable pour tous.


 


Romuald Royer, originaire de Propriano en Corse du Sud, aurait bien pu passer à côté de sa vocation. Après un Bac scientifique, il travaille quelque temps à la pharmacie de ses parents. Dernier d’une fratrie de quatre enfants, il a très tôt pris l’habitude de confectionner des petits plats à la maison, un plaisir simple qui va très vite rythmer son quotidien. Petit-fils de boulanger, son grand-père lui a servi de modèle et l'a encouragé sur la voie de la cuisine.


 


Je suis très attaché à mes racines et au métier de boulanger. J’ai toujours été fan de mon grand-père, qui a toujours cru en moi.


 


Romuald Royer Boulangerie Mani Romuald Royer CP @Mani


 


La rencontre avec sa femme marque un tournant dans sa vie. En effet, le restaurant le Lido a été créé en 1933 par le grand-père de cette dernière, son père étant aux commandes de la cuisine depuis près de cinquante ans. Romuald a donc d’abord ouvert un bar à cocktail dans l’enceinte de l’établissement, mais c'est déjà au coeur des cuisines qu'il passait le plus clair de son temps. Romuald observe et s’imprègne vite des gestes de base du Chef, sans même vraiment s'en rendre compte.


 


Lors de ces deux années j’ai pas mal appris par mimétismes et ça m’a permis d’avoir vite mes repères pour la suite.


 


Comme une évidence, il décide de commencer la cuisine en 2005, sous la coupe de son beau-père, Antoine Pittilloni, qui lui a apprit les subtilités du métier et lui a transmis la recette de la maison : les fameuses langoustes au four. Après une formation complémentaire de six mois l’année d’après, il commença son ascension aux différents postes de cuisine, libre de laisser court à sa créativité.


 


Romuald Royer Boulangerie Mani Romuald Royer


 


Ce qui me plait en cuisine, c’est que tout est éphémère. Il y a cette notion d’illimité : tout est possible, tu peux toujours créer quelque chose de nouveau.


 


Dès ses débuts, Romuald fait une cuisine de produits, qu’il met en valeurs. Des mets simples mais où la créativité du chef se distingue rapidement, une fois aux commandes du restaurant en 2010. L’excellence dans les produits, la cuisson et l’assaisonnement, ainsi que son respect pour le terroir Corse attire l’attention.


 


Je défends mon terroir à mille pourcent ! Pour vous dire, je vais moi même chercher et ramasser mes herbes que j’utilise après dans mes plats.


 


Une authenticité, une créativité et un savoir-faire récompensés dès 2011, en étant parmi les « Espoirs Michelin » et raflant en 2012 une étoile au Guide Michelin, une consécration pour ce jeune chef. Il est également reconnu Jeune Talent de l'année 2014 pour la Corse par le Gault et Millau.


 


J’ai le sentiment de devoir me surpasser au Lido et je rends ma cuisine accessible au travers Mani.


Le projet d’ouvrir « Mani » est né dès 2010, où il a décidé de fermer le restaurant du Lido le midi.


 


J’ai décidé de créer un lieu pour décomplexer la cuisine du Lido et la rendre accessible à tous.


 


Burger Boulangerie Mani Burger aux poulpes de la Boulangerie Mani


 


Le burger par exemple, un produit phare créé au Lido, qui apparaît dans une bulle en verre, se retrouve chez Mani, sans artifice, mais avec la même qualité des produits. Il ouvre donc en 2011 sa première boutique puis sa seconde, à Propriano. Tout a été méthodiquement pensé et renvoie aux valeurs que défends Romuald.


L’important pour moi est de continuer la petite histoire sous forme d’aventure.


 


 


Décoration Boulangerie Mani Décoration de la Boulangerie Mani


Le fil conducteur, c’est les mains. D’où le choix du nom, « Mani », qui veut dire « mains » en corse. Un mot qui en dit long sur la façon de travailler: tout est fait à la main dans ces lieux, le ressenti du produit passe par les mains, et enfin, le concept « finger food » implique en lui-même de manger avec les mains. Romuald accorde beaucoup d’importance au choix de ses matières premières, avec des produits majoritairement corses. Il importe sa farine de l’île, la Sampiero, dont le goût et la texture est unique.


 


pain Boulangerie Mani Façonnage des pains CP @Mani


 


À Paris en cuisine, c’est Lukasz Pedzich qui est responsable, son second au restaurant du Lido à Propriano. La création fait partie du quotidien. Romuald et son équipe n’hésitent pas à faire évoluer régulièrement la carte chez Mani, comme en cette période de fêtes où l’on retrouve un plat spécial : la volaille à la purée de marron avec des légumes, ou encore le foie gras qui s’immisce dans les burgers et les brioches.


 


Intérieur de la Boulangerie Mani Intérieur de la Boulangerie Mani


C’est dans une ambiance familiale, avec pleine vue sur la cuisine, que les clients s’installent et dégustent leur petit-déjeuner, déjeuner, encas ou dîner. Il y en a pour tous les goûts; du célèbre burger (4 sortes) : le produit phare. Une recette créée au Lido et qui n’a jamais changée. Le B Burger : un pain fait maison, un bœuf haché par l’équipe avec une petite touche secrète, des tomates concassées et une sauce béarnaise.


 


B Burger Boulangerie Mani B Burger de Boulangerie Mani CP @Mani


 


Au Millefeuille fromage, une brioche façon pain perdu fourrée de jambon et de fromage coulant : retour en enfance assuré !


Millefeuille brioché Boulangerie Mani Millefeuille jambon-fromage CP @Mani


 


Côté pains, on retrouvera en plus de la baguette classique, des pains complets, des pains noix-figues :


 


Pains noix-figues Boulangerie Mani Pains noix-figues de la Boulangerie Mani


Des ciabatta à l’huile d’olive ou encore des fougasse olives noires et vertes :


 


Fougasse Boulangerie Mani Fougasse aux deux olives


Dans le coin des pâtisseries faites maison, impossible de passer outre le Cake à la Clémentine, fait à partir d’une recette de sa grand-mère.


 


Le Cake à la clémentine Boulangerie Mani Le Cake à la clémentine


Ou encore les choux au crumble maison :


 


Choux crumble Boulangerie Mani Choux crumble


Romuald Royer a su introduire la notion de gastronomie à une nourriture dite rapide, avec une même rigueur, une même créativité et une même qualité qu’un restaurant étoilé. Pas de chichis donc, la simplicité révèle toute son inventivité, réveille les sens et les émotions. Il prouve, une fois de plus, que la cuisine n'a pas de limite, autant dans la création que dans son public. Les créations de Romuald traverse les frontières pour aller à l'essentiel : le goût.


 


Marion Gordien



Mani

vendredi 12 décembre 2014

Chambelland

De l’innovation, de la créativité et du goût. Depuis son ouverture à Paris en mai 2014, la boulangerie Chambelland bouscule les codes. Le « sans gluten » s’inscrit non seulement au long terme et inclut tous les gourmands. À l’origine de ce concept, on retrouve Thomas Teffri-Chambelland à la création des pains et Nathaniel Doboin sur le développement de la boutique. Tout est pensé pour que l’on se sente comme chez soi. Avec vu sur les finitions des produits en cuisine, un petit coin bibliothèque-épicerie, ou encore un endroit où se poser pour déguster les douceurs proposées. Une authenticité qui fait chaud au coeur.


 


Boulangerie Chambelland Boulangerie Chambelland


On a eu dès le départ envie de casser les codes et d’attirer une clientèle très mixte pour ne pas viser uniquement les personnes intolérantes au gluten.


 


Rien ne prédestinait à l’origine Thomas, sudiste et Nathaniel, parisien de se rencontrer sur cette voie là. En effet, jusqu’en 2000, Thomas était professeur de biologie et Nathaniel, lui, travaillait dans la publicité. Une chose les a pourtant rassemblé: une totale remise en question à un moment de leur vie et une volonté de faire un travail qui avait un sens à leurs yeux. Thomas a passé son CAP Boulangerie en candidat libre, tout en menant de front son métier de professeur.


 


Je me rappelle: je m’entraînais dans ma cuisine, je faisais mes pains et mes recettes. 


 


Autodidacte, Thomas s’est forgé sur le tas et s’est très vite orienté vers le Bio et le Levain.


 


La boulangerie ce n’est pas que du pain, c’est aussi de la créativité. Il y a toujours une façon d’inventer et de se renouveler. 


 


 


Pain des athlètes chambelland Pain des athlètes : noisettes, figues, abricots et raisins secs


 


Depuis le départ, renouveler l’univers de la boulangerie était une évidence pour Thomas. En suivant son intention, comme il l'avait toujours fait, il ouvre en 2001 une première boulangerie Bio à Aix-en-Provence et commence à produire du sans gluten deux années plus tard. Thomas voit loin et ouvre en 2005 un centre de formation international orienté vers la filière biologique et le levain naturel, ainsi qu’une petite exploitation agricole où sont cultivés des variétés de blés anciennes.


 


Thomas et Nathaniel chambelland Thomas et Nathaniel


Pendant ce temps, Nathaniel, qui a grandi dans le Vaucluse, travaille dans la publicité jusqu’en 2007,  pour tout quitter et entreprendre un tour du monde avec Gaëlle, sa femme. Partis en vélo jusqu’à Barcelone, les tourtereaux vont de pays en pays à la rencontre de personnes qui agissent pour le développement durable et de musiciens locaux. Près de deux ans plus tard, rentré en France, il sait qu’il veut entreprendre et créer quelque chose de novateur.


 


Cette expérience m’a permis de prendre beaucoup de recul. 


 


 


Leur rencontre en 2012 a été décisive. Leur vision des choses est complémentaire. Le challenge est là et l’étincelle aussi. Un projet est né : proposer une boulangerie avec d’autres céréales que le blé : le riz et le sarrasin.


 


On a été alerté sur les mêmes thématiques : le bien manger, la traçabilité et innover sans gluten.


 


 


Intérieur de la boulangerie chambelland Intérieur de la Boulangerie Chambelland


Le défi s’est posé autant sur le plan technique que culturel. Pendant deux ans, le projet a mûri et chacun a apporté sa touche. De son côté, Thomas élaborait les recettes des pains et de l’autre, Nathaniel cherchait comment donner une véritable identité au projet pour le rendre attractif, notamment en se rendant à Los Angeles, où le marché du sans gluten était le plus développé.


 


On était convaincu que le « sans gluten » n’était pas un effet de mode et on voulait le démontrer !


 


Coin bibliothèque - épicerie chambelland Coin bibliothèque - épicerie où l'on peut trouver les farines sans gluten du moulin, des produits d'artisans et des livres sur le sans gluten.


Tout a été pensé du début à la fin, pour répondre à leurs critères de départ : une qualité, une traçabilité, du goût et de l’innovation. Tous leurs pains sont donc faits à partir de farines de riz (Pau, Italie) et de Sarrasin, confectionnées dans leur Moulin sans gluten qu’ils ont ouvert en 2013 dans les Alpes de Hautes-Provence.


 


La traçabilité est au cœur de nos valeurs. On contrôle tous nos riz, et chaque mois, on vérifie qu’il n’y ait pas de trace de gluten dans nos farines.


 


Aujourd’hui, la boulangerie Chambelland propose une douzaine de pains, dont le pain au levain, le pain aux cinq graines (tournesol, pavot, sésame, lin brun et dorée)


 


Pain aux cinq graines chambelland Pain aux cinq graines


On s'est permis des choses qui sortent totalement du rang, pour notre plus grand plaisir.


Ou encore le Pain de sucre, légèrement brioché, à la fleur d’oranger ou au chocolat-orange. Un pain revisité comme une brioche, avec le côté fondant du riz et un petit croustillant caramélisé sur le dessus.


 


Pain de sucre chambelland Pain de sucre chocolat-orange (droite), fleur d'oranger (centre) et pain aux cinq graines (à gauche)


  


Le but est d’apporter de la gourmandise dans toutes les gammes de produits.


 


Côté pâtisserie, Thomas laisse libre court à la créativité de son équipe et propose une quinzaine de références, comme la célèbre tarte au citron :


 


Tarte au citron chambelland Tarte au citron


 


Ou encore le Browkie, un mélange de brownie et de cookie pour une recette totalement inédite.


 


Le Browkie chambelland Le Browkie


On est des artisans boulangers. Tout passe par le goût. On travaille le produit, les textures et le plaisir.


 


Pour le déjeuner, trois sandwiches sont proposés avec des produits frais et faits minute par Isabelle, comme le Veggie : tomates séchées, artichaux grillés et mâche.


 


Le Veggie chambelland Le Veggie


 


Chaque jour, une soupe faite maison est aussi proposée. Aujourd’hui c’est poireau, courgette, pomme de terre, menthe et persil.


 


Soupe du Jour chambelland Soupe du Jour


On est à la croisée des chemins entre la traditionnelle boulangerie française et l’innovation.


 


Une croisée qui ne pouvait être mieux réussie que par ce duo. Récompensés du Prix de l’Innovation en cette fin d’année 2014, Thomas et Nathaniel ont réussi leur pari : ancrer le « sans gluten » dans la durée et attirer les gourmands, qu’ils soient intolérants au gluten ou férus de pains artisanaux ! Ce qu’on retient de la boulangerie Chambelland, c’est le goût, le moelleux et la créativité.


 


 


Marion Gordien



Chambelland

mercredi 10 décembre 2014

Montesino

À cette époque de l’année, les marrons glacés, les orangettes ou les navettes habillent soigneusement la vitrine de la pâtisserie-chocolaterie Montesino et réveillent notre gourmandise. Loïc Montesino a ouvert sa boutique en septembre 2011 rue Oberkampf, de petite taille à l’allure plutôt discrète, mais qui renferme des douceurs à tomber ! Ici, les amateurs de pâtisseries et de chocolats traditionnels seront comblés.


 


Interieur de la boutique Montesino Intérieur de la boutique Montesino


De qualités, bonnes et gourmandes, avec des produits simples et un tarif raisonnable, ce sont les valeurs que je défends.


 


Originaire de province, à côté d’Avignon, Loïc a toujours été gourmand et créatif, c’est d’ailleurs la diversité du travail et la création qui l’ont attirées, d’enfant à aujourd’hui.


 


Depuis que je suis petit, j’ai dis que je voulais être pâtissier, c’était naturel pour moi.


 


 


Loïc Montesino Loïc Montesino


 


Pendant six ans, il fait son CAP Pâtisserie, chocolaterie-Confiseur et Boulanger, et se forge sur le terrain auprès de ses maîtres d’apprentissage.


Daniel Clavier, le dernier, la particulièrement marqué et a joué un rôle décisif dans sa carrière.


 


Il m’a permis de monter sur Paris et de venir chez Pierre Hermé pour un stage.


 


 


Loïc réalise ses éclairs Montesino Loïc réalise ses éclairs croustillants


À vingt et un an, Loïc pose donc ses valises à Paris pour la première fois et ne repartira plus. Son stage chez Pierre Hermé lui apporte une autre vision de la pâtisserie, une exigence dans le travail et surtout la rigueur des produits de qualités. Il travaille ensuite en tant que chef pâtissier trois ans chez Boris Portollan puis se lance dans le grand bain en 2011, avec l’ouverture de sa propre boutique.


 


Dès le début, quand on devient pâtissier on se dit : « Quand je serais grand, j’aurais ma propre boutique.» Ça fait partie du but de la formation et d’un rêve.


 


Une autre passion de Loïc : les voyages. Une occasion pour lui de découvrir chaque région et ses spécialités, dont il ne manque pas de s’inspirer lors de ses créations, comme « Les navettes », une spécialité de Marseille. Un biscuit sec à base de citron.


 


Les navettes montesino Les navettes


 


Je fais une pâtisserie qui me plait, assez traditionnelle et parfois revisitée selon mes envies.


 


Ici, Loïc fait tout, assisté de sa vendeuse et parfois apprentie, Anaïs. Ses créations, il les fait au gré de ses envies et des saisons, ayant une totale liberté sur ce point. Il produit toujours en petites quantités pour ne pas faire de gâchis et garantir une fraîcheur maximale des produits.


 


On cherche toujours le juste équilibre dans chaque création, pour ne pas qu’une saveur prenne le pas sur l’autre, ou que ce soit trop sucré.


Loïc et Anaïs Montesino Loïc et Anaïs


 


Ce sont en tout une vingtaine de pâtisseries et une dizaine de chocolats (grosses bouchées et autres) que Loïc propose à sa clientèle. Une clientèle principalement de quartier qui confère au lieu une ambiance familiale et intimiste.


Côté chocolat, on trouvera ses truffes faites à la main, très fondantes et croquantes à souhait, ayant l’équilibre parfait entre le sucré et l’amertume.


 


Truffes Montesino Truffes


Les orangettes au chocolat noir ou les citronnettes au chocolat au lait enrobées par ses soins.


Orangettes et citronnettes Montesino Orangettes et citronnettes


Ou encore les mendiants, incontournables en hiver :


Les mendiants Montesino Les mendiants


Du côté des pâtisseries, on retrouvera le Royal, un gâteau mousse au chocolat, praline et croustillant noisette :


Le Royal Montesino Le Royal


Les éclairs croustillants, à la pistache, au caramel ou aux fruits rouges. Au fond de l’éclair, il y a des croustillants au parfum de l’éclair, recouvert de sa mousse.


Éclair à la pistache montesino Éclair à la pistache


Plus coloré et original, on a le « Lolipop » : une mousse à la griotte, une bavaroise pistache, une crème d’amande pistache aux griotte et un crumble d’amandes.


 


Lolipop Montesino Lolipop 


 


À même pas trente ans, Loïc a su réaliser son rêve d’enfant et faire la pâtisserie qu’il aime et qui lui correspond. Traditionnelle et authentique, le goût est sur d’être au rendez-vous, tout comme son amour du métier qui se ressent dans ses créations. Toute une convivialité qui se ressent à l’intérieur de la boutique. Comme dirait une de ses clientes : « Ici, c’est la Méditerranée à Paris. »


Marion Gordien.



Montesino